Le reflex fait peur! Jugé trop lourd et trop compliqué par le grand public, il est souvent laissé de côté au profit des bridges, compacts et hybrides supposés plus simples mais dont les menus sont de vrais labyrinthes. Nous ne saurons jamais si cette réputation est liée au fait que l’objectif est démontable ou à l’aura professionnelle qui entoure ces appareils, mais nous continuons à clamer que le reflex reste l’outil le plus souple, le plus efficace et le plus évolutif pour aborder quelque sujet que ce soit!
De fait notre anti-guide fait la part belle aux reflex, qui représentent la majorité des appareils recommandés par la rédaction. On y trouve des boîtiers à tous les prix, depuis 400 €, zoom compris, pour le plus abordable de tous, jusqu’à… dix fois plus pour la Rolls du moment. Une fourchette très large qui suscite immédiatement une interrogation: qu’est-ce qui justifie de tels écarts de prix?
La réponse est évidente si on accepte l’analogie avec le marché automobile: tous les modèles proposés offrent les mêmes fonctions de base (autofocus, exposition automatique, stabilisation, etc.) mais, à mesure que l’on monte en gamme et que l’on exige des performances plus élevées, les prix grimpent de façon exponentielle. La technologie coûte cher et si l’on veut tenir une rafale à 10 images/seconde, il faut un autofocus ultra-précis, un processeur très rapide, une mémoire tampon importante et une construction robuste. On en revient à l’exemple de la voiture: augmenter la puissance du moteur implique de revoir la transmission, la suspension, les freins, voire la conception du châssis!
La qualité de fabrication est un autre point pas forcément perceptible de l’extérieur. Un bon viseur optique, réalisé avec un prisme en verre et donnant une image à 100%, offre une visée confortable et précise mais coûte plus cher à fabriquer qu’un mini-viseur électronique ou qu’une visée reflex réalisée avec quelques miroirs collés.
La robustesse de l’appareil est aussi liée à son châssis: un corps en fonderie d’aluminium ou en titane est plus solide qu’un bâti en poly- carbonate. Mais ça n’est pas un altère déterminant: un reflex n’est pas fait pour planter des clous et on ne voit pas d’appareils revenir en SAV pour cause de châssis endommagé! Nous avouons porter plus d’intérêt aux finitions “tout temps’ mieux protégées contre l’humidité et la poussière, qu’aux matériaux utilisés sous le capot.
La lecture des fiches techniques ne renseigne pas vraiment sur les performances des reflex et on n’en retient qu’une chose: la définition! 16,20,24,36 millions de pixels!
Les plus aguerris regarderont également la taille du capteur: format APS-C ou 24 x 36… à raison car c’est là que tout se joue. Il s’agit de deux familles totalement différentes: opter pour l’une ou l’autre conditionnera tous vos choix futurs et aura de nombreuses conséquences en termes de poids, de taille, mais aussi de budget.
Petit ou grand capteur: ne pas choisir à la légère!
Les reflex à capteur APS-C dominent le marché et représentent environ 87% des ventes. Tous les appareils premier prix ont adopté ce format car il présente de nombreux avantages: coût modéré, petite taille des boîtiers et gamme optique compacte, économique et légère. C’est dans cette famille que l’on trouve les meilleurs rapports qualité/prix.
Petit capteur ne rime pas avec mauvaise qualité, bien au contraire. Un appareil comme le Canon EOS 7D a su séduire de nombreux experts et professionnels grâce à ses performances remarquables, mais aussi grâce au fait que le petit cap teur offre un facteur de recadrage qui transforme un 300 mm en l’équivalent d’un 450 mm (valeur variable selon les modèles) et évite le recours au convertisseur de focale ou à des objectifs ruineux.
Les refiex à capteur plein format (fullframe), c’est-à-dire 24 x 36, sont minoritaires sur le marché. Chers (de 1.600 à 5.000€ et plus), ils visent experts et professionnels et offrent trois avantages très importants: une dynamique étendue qui les rend plus aptes aux sujets mal ou peu éclairés, l’accès aux très courtes focales et une gestion élargie (mais plus complexe) de la profondeur de champ qui fait merveille quand on les associe à des objectifs à très grande ouverture.
En revanche, ce sont des appareils plus lourds, plus chers et qui, surtout, obligent à utiliser des gammes optiques capables de couvrir le plein format, elles aussi lourdes, chères et encombrantes.
Au moment du choix, il faut vraiment peser le pour et le contre, l’engagement vers le plein format étant une démarche professionnelle. Un fourre-tout bien garni, composé d’un zoom standard de qualité, d’un télézoom et d’un objectif macro, tournera à moins de 2.000€ et à peine plus de 2 kg en format APS-C, mais il faudra compter trois fois plus (en prix comme en poids) si on passe en plein format! Ce n’est pas anodin, d’autant que la qualité des images ne sera pas forcément meilleure: la profondeur de champ des appareils à petit capteur pardonne bien des erreurs de mise au point… alors qu’un reflex 24×36 asocié à un objectif f/1,8, s’il représente le summum technologique, est un vrai piège à flou entre des mains non expertes!
Le plaisir en plus
Au-delà des performances pures, reste un paramètre que nous avons pris en compte dans notre sélection : le plaisir! Utiliser un appareil avec lequel on se sent bien explique assurément la saga Fuji à laquelle on assiste depuis quelques années. Des boîtiers comme les Fuji XI00 ou le XT-1 ne sont objectivement pas meilleurs que d’autres, mais leur ergonomie ou limage qulls dégagent expliquent que de nombreux experts et pros se soient laissé séduire, allant parfois jusqu’à se séparer d’équipements bien plus performants, mais qui leur offraient moins d’adrénaline. Une démarche qui se respecte… quand elle est assumée.



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